Nos galères : l'expatriation, un long fleuve pas tranquille

📅 15 Mars 2026 • ⏱️ 3 min de lecture

S’expatrier, c’est incroyable : nouveau pays, nouvelle culture, nouveau quotidien, etc.

Mais soyons honnêtes : tout ne se passe jamais comme prévu.

Entre problèmes administratifs, recherche de travail, premiers jobs décevants et météo capricieuse, nos premières semaines aux Pays-Bas nous ont parfois baissé le moral.

Rien d’insurmontable, mais suffisamment marquant pour mériter sa place dans cet article.

Voici quelques unes de nos galères.

1) BSN : la galère administrative néerlandaise

2) Trouver un travail : le parcours du combattant

3) Mon travail : deux mois dans un job que je détestais

1) Le BSN : la galère administrative néerlandaise

Quand on arrive aux Pays-Bas, la première mission administrative est d’obtenir le BSN (Burger Service Nummer).
>>> C’est l’équivalent du numéro de sécurité sociale en France. Sans lui, impossible d'obtenir un contrat professionnel, ouvrir un compte bancaire ou souscrire à une assurance santé.

Nous sommes arrivés à Eindhoven le lundi 12 janvier 2026.
Dès le lendemain, nous avons pris rendez-vous avec la mairie. Premier choc : le premier créneau disponible était deux semaines plus tard, soit le 29 janvier.

Lors du rendez-vous, la procédure en elle-même a été rapide : vérification des cartes d’identité et enregistrement de nos informations en 15 min. Mais ensuite, il fallait attendre entre 1 et 4 semaines pour recevoir la fameuse lettre contenant notre numéro BSN.

Et c’est là que l’histoire devient un peu absurde. Émilie a reçu son numéro une semaine plus tard. Mais moi… rien.

Pendant plusieurs jours, mon patron me demandait presque quotidiennement si j’avais reçu mon BSN. Eh oui, il voulait me payer et finaliser mon contrat professionnel !
Le problème, c’est que sans ce numéro, le salaire ne peut pas être versé, car il sert à calculer les taxes.

J’ai donc appelé la mairie. Réponse : “Attendez encore un peu, on vous a dit que ça pouvait prendre 4 semaines.” "Oui mais ma copine la reçu ??" "Vous inquiétez pas, la lettre va arriver". 

Finalement, au bout d’un mois sans nouvelle, j’ai décidé de retourner directement à la mairie avec ma preuve d’enregistrement.

Et là, miracle administratif ! Un employé sympa à l’accueil regarde mon dossier… et imprime simplement mon BSN sur place.

Tout était déjà enregistré dans le système. Il suffisait d’appuyer sur “imprimer". Un mois d’attente pour une feuille sortie d’une imprimante.
"La magie de l’administration."

>>> Bref, notre meilleur conseil : prends rendez-vous pour ton BSN, sur le site de la mairie, avant même d’arriver aux Pays-Bas.

2) Trouver un travail : le parcours du combattant

Trouver un travail dans un nouveau pays peut être très rapide… ou très lent.

Émilie vient du secteur du commerce et de la vente.
Elle avait déjà travaillé chez Rituals, Flying Tiger ou encore Marie Blachère. Sur le papier, son profil était solide.

Pendant un mois, elle a envoyé environ 50 candidatures : magasins de vêtements, supermarchés, restauration, hôtels… Elle a postulé un peu partout où ses compétences pouvaient correspondre.

Résultat ? Environ 25 % de réponses, et parmi celles-ci, beaucoup étaient automatiques. La principale difficulté n’était pas l’anglais. C’était le néerlandais. En effet, dans énormément d’offres, les employeurs demandent au minimum de pouvoir communiquer en néerlandais, même dans des postes simples.

Après plusieurs semaines de recherches, Émilie a finalement trouvé un premier travail : Dishwasher dans les loges VIP du stade du PSV Eindhoven. Le job paraît incorybale mais il consiste simplement à faire la plonge pendant 7 h d'affilées lors des matchs du PSV ou lors d'évènements organisés dans le stade. Elle n'a évidemment pas de places offertes...

C’est un poste payé au salaire minimum néerlandais (environ 10,5€/h en net), avec seulement 1 à 2 jours de travail par semaine selon les événements.

Ce n’est pas le travail rêvé…
Mais c’était un premier pied dans le monde du travail aux Pays-Bas.

3) Mon premier travail :  deux mois avec la boule au ventre

Quand je suis arrivé aux Pays-Bas, j’ai rapidement trouvé un travail dans une entreprise de transport à Eindhoven : Nite BV.

À l’origine, j’avais postulé en étant en France pour un poste de planificateur de transport.
Pendant l’entretien, le boss m’a finalement expliqué que le poste disponible serait plutôt "employé administratif." Je n’étais pas totalement convaincu, mais je me suis dit que c’était peut-être une étape normale en arrivant dans un nouveau pays. Alors j’ai accepté.

Mais dès le premier jour, j’ai compris que quelque chose n’allait pas.

L’entreprise est organisée sur deux étages :

  • à l’étage, les planificateurs

  • au rez-de-chaussée, les bureaux administratifs, dans lesquels je travaillais avec une seule collègue de travail indienne.

Pendant toute la matinée, ma responsable m’explique le travail.
Et très vite, je comprends une chose : les tâches seront exactement les mêmes toute la journée.

En effet, mon travail consistait simplement à traiter des commandes de transport :

  • créer une référence

  • copier les informations dans un tableur

  • remplir un fichier Excel

  • enregistrer le document dans un dossier

>>>  Encore et encore...

À partir de 11h, on me laisse faire mes premières commandes. Et là, je réalise que ma journée va ressembler à ça… tous les jours.

Assis devant un écran.
Sans parler.
Sans pause.

Je pensais profiter de ce travail pour parler anglais et rencontrer des gens. En réalité, je passais des heures entières en silence devant un ordinateur.

Les journées étaient très longues : de 8h30 à parfois 14h ou 15h, je traitais les commandes pour les jours suivants afin que tout soit prêt à l’avance. Je prenais ma pause pour manger, tout seul dans la cuisine vers 14h, durant 30 min grand maximum. Les autres n'en prenaient pas, ou manger devant leur écran, sans discuter.

Les seules pauses que je prenais étaient :

  • aller aux toilettes

  • me faire un café

Sinon, je restais devant l’écran.

Petit à petit, une sensation désagréable s’est installée : la boule au ventre. Pas seulement parce que le travail était répétitif. Mais aussi à cause de la pression.

Mon travail était la première étape du processus.
Donc la moindre erreur arrivait directement sur le bureau du patron. Et plusieurs fois, il m’a violemment reproché certaines erreurs. Un jour, il m’a même expliqué que j’étais “sur la sellette” car j’étais en période d’essai et qu’il pouvait me licencier à tout moment.

Je faisais pourtant de mon mieux. Mais à partir de ce moment-là, j’avais peur de me tromper. Peur de me faire engueuler. Peur de faire une erreur. Et cette sensation ne me quittait plus.

Tous les matins, j’étais angoissé à l'idée d’aller travailler. Le pire moment de la semaine était souvent le dimanche soir. Je retardais l’heure d’aller dormir parce que je savais que le lendemain… il faudrait retourner au bureau.

Pendant un moment, j’ai beaucoup hésité.

Je me disais :

  • peut-être que mes attentes sont trop élevées

  • peut-être que c’est normal au début

  • peut-être que je dois simplement m’accrocher

  • et puis le salaire était bon : environ 2400 € net par mois, et la vie aux Pays-Bas coûte cher.

Mais au fond de moi, je me disais une chose : je ne suis pas venu aux Pays-Bas uniquement pour gagner de l’argent.

Non, je suis venu pour :

  • apprendre

  • rencontrer des gens

  • vivre une expérience différente

Et ce travail ne correspondait pas du tout à ça.

Alors j’ai pris une décision : partir avant la fin de ma période d’essai. Parce que rester dans un travail qui nous angoisse tous les matins, ce n’est jamais une bonne idée.

>>> Et avec le recul, c’était clairement la bonne décision.

Ce qu'on retient de ces galères ?

S’expatrier ne signifie pas découvrir, visiter et s'amuser tous les jours. Malheureusement la routine et le quotidien nous rattrape toujours.
Il y a forcément des passages compliqués et certaines barrières comme la langue ou la culture sont durs à relever.

Malgré tout, ces galères font partie de l’aventure. Elles nous apprennent à nous adapter et à relativiser.

Heureusement, notre expérience aux Pays-Bas ne s’arrête pas à ça. Il y a aussi beaucoup de moments forts et de découvertes incroyables !